Fibromyalgie

Causes

Les causes du syndrome ne sont pas encore connues. Bien que la fibromyalgie engendre des douleurs musculaires chroniques, il n’y a aucune lésion visible dans les muscles pouvant expliquer les douleurs. Il s’agit d’une maladie où de nombreux facteurs sont probablement à l’origine des symptômes. Plusieurs hypothèses ont été avancées. Voici celles qui retiennent le plus l’attention des chercheurs.

Diminution du seuil de perception de la douleur

Les personnes atteintes de fibromyalgie ressentent davantage la douleur que les autres. En d’autres termes, leur système nerveux répond de façon anormale aux stimuli extérieurs : une légère pression suffit à déclencher un message de « douleur » chez les personnes fibromyalgiques. Cette plus grande sensibilité à la douleur serait liée au dysfonctionnement de certaines zones du cerveau et à des anomalies de la transmission des messages nerveux.

Anomalies physiologiques du système nerveux

Plusieurs études ont montré une diminution des taux de neurotransmetteurs, comme le glutamate ou la sérotonine, chez les personnes atteintes de fibromyalgie. De même, des anomalies hormonales (concernant l’hypophyse et le thalamus, dans le cerveau) ont été décrites chez les patients fibromyalgiques. Aucune de ces observations ne permet cependant à elle seule d’expliquer la maladie.

Facteurs génétiques

Il est désormais démontré que la fibromyalgie a également une composante génétique, plusieurs personnes étant atteintes dans certaines familles59. Plusieurs gènes pourraient être impliqués dans le déclenchement de la fibromyalgie, mais les études effectuées dans ce domaine n’ont pas donné de résultats satisfaisants.

D’autres pistes explorées

Facteurs biologiques

Un trouble métabolique de la substance P augmenterait la sensibilité à la douleur. Son association avec le stress, l’anxiété et la dépression est aussi connue.

Un manque chronique de sommeil réparateur. Il se peut que le mauvais sommeil ne soit pas seulement un symptôme, mais aussi une cause de la fibromyalgie.

Événements extérieurs

De nombreux agents infectieux ont été incriminés pour expliquer le déclenchement de la fibromyalgie, comme les virus de l’hépatite C ou B, par exemple, ou la bactérie en cause dans la maladie de Lyme. Environ 10 % des personnes atteintes de fibromyalgie déclarent avoir souffert d’une infection avant le début des symptômes60.

Dans de nombreux cas, un traumatisme physique (accident) est impliqué dans le déclenchement de la fibromyalgie. Les accidents de voiture causant un « coup du lapin », c’est-à-dire un traumatisme des vertèbres cervicales, sont souvent montrés du doigt. Des traumatismes émotionnels peuvent aussi être en cause, mais ils ne concernent pas tous les cas de fibromyalgie60. C’est le cas des sévices sexuels ou de la violence survenus tôt dans la vie, ainsi que de certains événements dramatiques (agression, attentat…).

Fibromyalgie et profil psychologique

De nombreuses études montrent un lien fort entre la fibromyalgie, l’anxiété et la dépression, qui sont présentes dans un tiers des cas environ61. Les troubles anxieux sont souvent présents avant l’apparition des douleurs (3/4 des patients), tandis que la dépression apparaît le plus souvent après le début de la fibromyalgie60. Les personnes atteintes de fibromyalgie ont souvent un profil psychologique particulier, défini par un caractère propice au « catastrophisme » ou à la « dramatisation », en particulier devant la douleur. Cette attitude a tendance à amplifier l’intensité de la douleur, le sentiment d’impuissance et de détresse. De plus, les syndromes dépressifs contribuent à abaisser le seuil de la douleur. S’ensuit alors un cercle vicieux qui rend encore plus difficile l’atténuation des symptômes.

Évolution

La fibromyalgie n’est pas une maladie grave, au sens où elle n’entraîne pas de complications de santé majeures. Elle n’en est pas moins une maladie pénible et invalidante pour les personnes qui en souffrent. Les douleurs sont chroniques et souvent résistantes aux différents traitements, qu’ils soient médicaux, physiques ou psychologiques. Cependant, elles ont tendance à rester stables à long terme, ou à s’atténuer. Il n’y a généralement pas d’aggravation.

L’intensité de la douleur et de la fatigue limite les activités quotidiennes et peut parfois avoir des répercussions sur l’activité professionnelle. Cependant, le fait de maintenir son activité professionnelle est bénéfique sur le plan psychologique comme sur le plan physique, comme l’a montré une étude suédoise en 200562. Des aménagements du temps de travail et du poste sont parfois nécessaires lorsque les douleurs sont très importantes.

Symptômes de la fibromyalgie

La fibromyalgie est caractérisée par des douleurs étendues et diffuses, principalement musculaires, associées à une fatigue chronique et des troubles du sommeil. Cependant, les symptômes diffèrent d’une personne à l’autre. De plus, le climat, le moment de la journée, le niveau de stress et d’activité physique sont des facteurs qui influencent la gravité des symptômes et leur variabilité dans le temps. Voici les principaux symptômes.

  • Des douleurs musculaires diffuses qui s’accompagnent de raideurs matinales, et de certains endroits précis du corps douloureux au toucher (voir le schéma). Le cou et les épaules sont généralement les premiers endroits douloureux, suivis par le dos, le thorax, les bras et les jambes. Dans les situations extrêmes, un simple toucher ou même un effleurement cause des douleurs sur tout le corps (un phénomène nommé allodynie). La douleur peut s’accompagner de l’impression que les zones douloureuses sont gonflées.
  • Une douleur constante, mais aggravée par les efforts, le froid, l’humidité, les émotions et le manque de sommeil.
  • Un sommeil léger et non réparateur, causant une fatigue dès le réveil.
  • Une fatigue persistante (toute la journée), présente dans 9 cas sur 10. Le repos ne permet pas de la faire disparaître.
  • Ces principaux symptômes peuvent s’ajouter des symptômes moins caractéristiques, mais tout aussi gênants.
  • Des maux de tête ou de fortes migraines, possiblement causés par des tensions musculaires au cou et aux épaules, et par un dérèglement des voies naturelles de contrôle de la douleur.
  • Un syndrome de l’intestin irritable : diarrhée, constipation et douleurs abdominales.
  • Un état dépressif ou une anxiété (chez environ le tiers des personnes fibromyalgiques).
  • Des difficultés de concentration.
  • Une augmentation de l’acuité des sens, soit une sensibilité accrue aux odeurs, à la lumière, au bruit et aux changements de température (en plus de la sensibilité au toucher).
  • Un engourdissement et des fourmillements aux mains et aux pieds.
  • Des menstruations douloureuses et un syndrome prémenstruel marqué.
  • Un syndrome de la vessie irritable (cystite interstitielle).

Personnes à risque

  • Les femmes. La fibromyalgie touche environ 4 fois plus de femmes que d’hommes. Les chercheurs pensent que les hormones sexuelles influencent l’apparition de cette maladie, mais ils ne savent pas encore de quelle manière précisément. Il semblerait que la testostérone rende les hommes plus résistants à la douleur.
  • Les personnes dont un membre de la famille souffre ou a souffert de fibromyalgie ou de dépression.
  • Les personnes qui ont des troubles du sommeil en raison de spasmes musculaires nocturnes ou du syndrome des jambes sans repos.
  • Les personnes qui ont vécu des expériences traumatisantes (un choc physique ou émotionnel), comme un accident, une chute, des sévices sexuels, une intervention chirurgicale ou un accouchement difficile.
  • Les personnes qui ont contracté une infection importante, comme une hépatite, la maladie de Lyme ou le virus de l’immunodéficience humaine (VIH).
  • Les personnes atteintes d’une maladie rhumatismale, comme la polyarthrite rhumatoïde ou le lupus.

Facteurs de risque

  • que des facteurs de risque, ces caractéristiques sont surtout des facteurs aggravants de la maladie.
  • Le manque ou l’excès d’activité physique.
  • La tendance à avoir des pensées catastrophistes, c’est-à-dire à se concentrer sur tout ce que la douleur apporte de négatif dans sa vie.

Prévention de la fibromyalgie

Peut-on prévenir?

La cause de la fibromyalgie n’ayant pas été formellement identifiée, aucune manière de la prévenir n’est reconnue.

Mentionnons seulement qu’il est recommandé de ne pas être en surpoids, car celui-ci accentue les douleurs aux articulations et aux muscles. Calculez votre indice de masse corporelle (IMC) et votre tour de taille.

Traitements médicaux de la fibromyalgie

Parce qu’on connaît encore peu les mécanismes en cause dans la fibromyalgie, les traitements médicaux offerts aux malades reposent davantage sur l’expérience clinique que sur le blocage des mécanismes en cause dans la douleur. Des traitements conçus pour soigner d’autres maladies, comme la dépression et l’épilepsie sont de plus en plus utilisés, après avoir montré leur efficacité dans divers essais cliniques sur la fibromyalgie.

Cependant, les médicaments à eux seuls ne permettent pas d’améliorer suffisamment la qualité de vie des personnes atteintes de fibromyalgie. La prise en charge doit donc être multidisciplinaire. Les approches complémentaires, permettant notamment de se relaxer et d’apprendre à gérer sa douleur, restent probablement à l’heure actuelle les méthodes les plus efficaces pour mieux vivre avec la fibromyalgie. En cas de fortes douleurs, les bains en eau chaude, avec ou sans exercices musculaires, peuvent aussi apporter un soulagement rapide.

Médicaments

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), par exemple l’ibuprofène (comme Advil® ou Motrin®), le naproxène et l’acétaminophène (Tylenol®) permettent parfois d’atténuer les douleurs et les raideurs musculaires. Leur efficacité varie d’une personne à l’autre. Ils sont surtout utiles lorsque la fibromyalgie apparaît chez une personne atteinte d’une maladie inflammatoire, comme la polyarthrite rhumatoïde.

Dans les cas de fibromyalgie « simple », ils sont rarement recommandés.

Attention. À long terme, l’usage de médicaments de type AINS peut causer des effets indésirables sérieux : douleurs et saignements à l’estomac, ulcères d’estomac, dommages aux reins et hypertension.

Les antalgiques ou antidouleur puissants, comme la morphine, permettent d’atténuer la douleur, mais ne peuvent évidemment pas être utilisés de façon prolongée.

Le tramadol (Ralivia®, Zytram®), de la famille des opiacés (comme la morphine), s’est toutefois montré efficace dans plusieurs essais récents menés chez des patients fibromyalgiques. Il est recommandé pour le traitement de la fibromyalgie par de nombreux experts, seul ou en association avec l’acétaminophène. Ce médicament ne devrait toutefois être utilisé qu’en dernier recours, lorsque les autres traitements se sont avérés inefficaces. Son emploi doit se faire sous surveillance étroite du médecin en raison du risque de dépendance.

Attention à l’abus de médicaments antidouleur. Les antalgiques sont très largement utilisés par les personnes atteintes de fibromyalgie. Ils sont souvent peu efficaces, ce qui amène les patients à les utiliser de façon inadaptée, à de fortes doses et en associant différents médicaments. Soyez prudents! Les antalgiques et les anti-inflammatoires ont des effets secondaires potentiellement dangereux, surtout à long terme. Toujours demander conseil à son médecin ou à son pharmacien avant d’utiliser un médicament.

Les antidépresseurs, comme les tricycliques ou les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine, prescrits à faible dose, sont les traitements les plus utilisés contre la fibromyalgie. Ils ont un effet sur de nombreuses douleurs chroniques, dont les douleurs de la fibromyalgie, et sont donc fréquemment utilisés même en l’absence de dépression. En outre, ils augmentent la quantité de sérotonine dans le cerveau. Or, de faibles taux de sérotonine seraient liés non seulement à la dépression, mais aussi aux migraines, aux maux digestifs et à l’anxiété, qui font partie des symptômes de la fibromyalgie.

L’amitryptiline (Élavil®) est utilisé chez les personnes fibromyalgiques comme antidouleur et pour ses effets sur les troubles du sommeil et la fatigue. C’est le traitement le plus souvent utilisé, en première intervention. La duloxétine (Cymbalta®) peut aussi être utilisée, tout comme la fluoxétine (Prozac®) ou le moclobémide, qu’on ajoutera souvent comme traitement additionnel. Enfin, un autre antidépresseur, le milnacipran, a montré des résultats prometteurs contre la fibromyalgie et est en cours d’évaluation au Canada.

Il semble que les antidépresseurs à faibles dose constituent le meilleur traitement à long terme contre les douleurs musculaires de la fibromyalgie. Toutefois, tous n’y trouvent pas un soulagement.

Les anticonvulsivants ou antiépileptiques – d’abord conçus pour traiter l’épilepsie – sont également efficaces contre les douleurs chroniques. Mentionnons la gabapentine (Neurontin®), la prégabaline (Lyrica®) et le topiramate (Topamax®). Certains de ces anticonvulsivants améliorent la qualité du sommeil (surtout la gabapentine, et moindrement la prégabaline). Le Lyrica® a même obtenu, en 2009 au Canada, une indication pour le traitement des douleurs associées à la fibromyalgie.

Des sédatifs sont parfois prescrits pour faciliter le sommeil, mais leur usage à long terme n’est généralement pas recommandé par les médecins (par exemple, l’Imovane®). En outre, la plupart des médicaments cités ci-dessus ont aussi un effet sédatif.

Des relaxants musculaires peuvent aussi aider à soulager la douleur. Le seul relaxant musculaire efficace pour la fibromyalgie est le Flexeril®, dont l’action est proche de celle de l’amitriptyline.

À noter. Les corticostéroïdes (comme la prednisone) n’ont démontré aucune efficacité pour traiter la fibromyalgie.

Exercices aérobiques

L’exercice physique fait partie intégrante du traitement de base. Il conduit l’organisme à produire des endorphines, des hormones qui procurent un bien-être et qui calment la douleur. Plusieurs synthèses d’études, dont une publiée en 2008, ont conclu que la pratique d’exercices aérobiques supervisés réduit les symptômes de la fibromyalgie et améliore le sommeil et les capacités physiques.

Les exercices d’étirement et de renforcement amélioreraient aussi certains symptômes, mais les preuves à cet effet sont moins nombreuses.

On ne doit pas craindre d’aggraver sa maladie en faisant de l’exercice, puisque la fibromyalgie n’est pas un problème d’origine musculaire. D’ailleurs, il est connu qu’une mauvaise condition physique contribue à générer fatigue et anxiété. Il est toutefois important de commencer progressivement, avec un programme adapté à sa condition physique.

Les exercices d’aérobie pratiqués en piscine, préférablement en eau chaude, peuvent être un bon point de départ pour se remettre en action. Selon 2 essais cliniques parus en 2006, les exercices d’aquaforme (marcher ou courir dans l’eau, par exemple) sont efficaces pour soulager la douleur causée par la fibromyalgie et améliorer le sentiment de bien-être. Ils doivent être adaptés aux capacités de la personne atteinte, et leur intensité doit être augmentée de façon graduelle.

Psychothérapie

La psychothérapie peut apporter des bienfaits significatifs aux personnes atteintes de fibromyalgie. La thérapie cognitivo-comportementale est particulièrement efficace. Voir la section Approches complémentaires.

Voici quelques conseils prodigués par l’Association médicale canadienne afin de soulager les symptômes4 :

  • Limiter les périodes de stress, puisque les symptômes s’accentuent avec le stress.
  • Avoir un sommeil régulier.
  • Faire des étirements et des exercices aérobiques.
  • Appliquer des compresses chaudes sur les points douloureux.
  • Pratiquer de légers massages.

L’opinion de notre médecin

Il ne faut pas attendre de votre médecin qu’il vous prescrira la pilule miracle qui, à elle seule, va éliminer les symptômes de la maladie. Cette pilule n’existe pas. Il s’agit d’un domaine où les médicaments peuvent souvent entraîner plus d’inconvénients que de bénéfices.

La fibromyalgie n’est pas une maladie mentale, bien que la santé mentale soit souvent atteinte, soit en association avec la maladie ou en conséquence de celle-ci. Il ne s’agit aucunement d’une maladie rare. Il s’agit d’un état chronique, mais habituellement non progressif, surtout si le patient reste actif physiquement et surveille et contrôle les pensées négatives qui surviennent.

Dr Dominic Larose, M.D.

Approches complémentaires

Approches « corps-esprit » ou mindbody

Parmi les traitements complémentaires, les approches corps-esprit (comme le biofeedback, l’hypnothérapie, la relaxation avec imagerie mentale, etc.) sont les plus utilisées par les personnes qui souffrent de fibromyalgie – davantage que l’acupuncture et les thérapies de manipulation, comme la massothérapie et la chiropratique. Selon les tenants de ces approches, le corps et l’esprit sont deux aspects indissociables d’une seule et même réalité, plutôt que des éléments distincts reliés entre eux. Voir notre fiche Approches corps-esprit pour en savoir plus.

Selon les résultats d’une méta-analyse portant sur 802 personnes atteintes de fibromyalgie, les approches corps-esprit permettent d’apprendre à mieux vivre avec la maladie, malgré son impact12. Cet aspect n’est pas à négliger puisque la manière d’envisager l’avenir aurait des conséquences directes sur la perception de la douleur et l’implication dans la stratégie thérapeutique.

Voici quelques approches ayant fait l’objet d’études.

Thérapie cognitivo-comportementale. C’est la thérapie non médicamenteuse, avec l’aérobie, la plus recommandée par les différentes lignes directrices sur la fibromyalgie. Cette psychothérapie individuelle vise à aider les personnes à mieux connaître et comprendre leur maladie, et à mieux gérer leurs états d’anxiété, leurs émotions et leurs douleurs. Un des buts recherchés est de remplacer les pensées et les perceptions négatives, qui peuvent aggraver les symptômes, par d’autres plus positives. Cela peut demander certains changements dans la vie quotidienne. En 2010, une méta-analyse regroupant 14 essais et plus de 900 personnes atteintes de fibromyalgie a confirmé l’utilité de la thérapie cognitive et comportementale pour améliorer la gestion de la douleur et réduire les troubles dépressifs.

Biofeedback. L’objectif du biofeedback est d’apprendre à contrôler une tension musculaire ou une fréquence respiratoire à l’aide d’appareils qui rendent visibles ces paramètres physiologiques. Une revue de la littérature scientifique mentionne que le biofeedback peut amener des résultats positifs en cas de fibromyalgie. Plusieurs essais font état d’une augmentation de l’activité physique, d’une certaine réduction de la raideur matinale, d’une diminution du nombre de points sensibles associés à la fibromyalgie et de certains autres symptômes, comme la douleur et la détresse psychologique.

Hypnothérapie. Dans une étude contrôlée l’efficacité de l’hypnothérapie a été comparée à celle de massages, auxquels était combiné l’apprentissage d’une technique de relaxation musculaire, chez 40 personnes dont la fibromyalgie avait résisté au traitement médical. Les personnes du groupe traité par hypnothérapie ont vu leur état général s’améliorer beaucoup plus que celles de l’autre groupe, particulièrement en ce qui concerne la fatigue matinale, les douleurs musculaires et la qualité du sommeil. L’hypnothérapie semble encore plus efficace lorsqu’elle est associée à une psychothérapie cognitivo-comportementale.

Techniques de relaxation. Plusieurs essais cliniques ont montré l’efficacité de la relaxation pour atténuer la douleur liée à la fibromyalgie. Les techniques efficaces comprennent entre autres la méditation de pleine conscience, le training autogène, la visualisation et l’imagerie mentale, ainsi que la relaxation musculaire progressive qui permet de relâcher les muscles de tout le corps et de prévenir les tensions musculaires.

Balnéothérapie

Plusieurs études ont évalué l’intérêt de la balnéothérapie (spa) chez les personnes atteintes de fibromylagie. Une revue récente analysant 10 études montre que la balnéothérapie est efficace pour réduire la douleur diffuse et le nombre de points douloureux. Voir la fiche hydrothérapie.

5-HTP (5-hydroxytryptophane)

Le 5-HTP est un précurseur de la sérotonine dans le cerveau. Il est surtout utilisé pour traiter la dépression, mais il pourrait également soulager les personnes atteintes de fibromyalgie, comme l’ont suggéré plusieurs études menées dans les années 1990. En 1998, une synthèse d’études a souligné le lien entre des faibles taux de sérotonine et la fibromyalgie, ce qui pourrait expliquer l’action bénéfique du 5-HTP. Celle-ci n’a toutefois pas été confirmée depuis.

Dosage

Un total de 300 mg par jour, à prendre en 3 doses de 100 mg.

Note. L’utilisation du 5-HTP en automédication est controversée.

Technique d’intervention par résonance sonore.

Cette technique, aussi appelée méthode Psycho Physio, consiste à employer une stimulation vibro-acoustique pour stimuler le rappel de souvenirs possiblement liés à des traumatismes psychologiques. Ces traumatismes passés pourraient avoir créé des empreintes neurologiques et comportementales à l’origine de la fibromyalgie. La stimulation sensorielle s’accompagne d’un suivi de nature psychothérapeutique.

Une étude préliminaire indique que cette technique permet d’améliorer les symptômes dans 90 % des cas. Ce traitement coûte toutefois entre 4 000 $ et 5 000 $ et n’est pas offert partout.

Acupuncture

Des essais cliniques publiés avant l’an 2000 laissent penser que l’acupuncture peut soulager les symptômes de fibromyalgie. Cependant, leur qualité méthodologique laisse à désirer27,28. Entre 2005 et 2006, 5 nouveaux essais ont été réalisés29-32, donnant des résultats contradictoires (3 études positives et 2 négatives). Parmi ces études, les 2 qui possèdent la meilleure méthodologie montrent une efficacité de l’acupuncture avec un suivi à 6 mois60. D’autres essais seraient toutefois nécessaires pour conclure à une réelle efficacité contre la fibromyalgie.

Cayenne (Capsicum frutescens)

Des crèmes, lotions ou onguents contenant de la capsaïcine, le composé actif du cayenne, se sont avérés efficaces pour soulager les douleurs rhumatismales. Par ailleurs, la Commission E reconnaît l’usage externe du cayenne pour soulager les douleurs musculaires logées aux épaules, aux bras et à la colonne vertébrale.

L’effet des préparations à base de capsaïcine chez les personnes atteintes de fibromyalgie n’est pas encore bien connu et les preuves de son efficacité restent insuffisantes. Une étude préliminaire regroupant 45 sujets âgés de 18 ans à 70 ans a toutefois démontré que l’application d’une crème (concentrée à 0,025 % en capsaïcine), 4 fois par jour, soulageait les tensions musculaires plus efficacement qu’un placebo. La capsaïcine exercerait son effet antidouleur en épuisant les réserves de substance P.

Chiropratique

Plusieurs études menées auprès d’un petit nombre de patients ont évalué l’effet de la chiropratique sur la fibromyalgie67. Dans l’une d’elles, menée en 2000, une réduction de l’intensité de la douleur et une amélioration de la qualité du sommeil et du degré de fatigue ont été observées à la suite de 30 séances de chiropratique. Cependant, d’autres essais n’ont trouvé aucun bénéfice. Une méta-analyse conduite en 2009 a déploré la mauvaise qualité des études et a estimé les preuves insuffisantes pour conclure à une quelconque efficacité de la chiropratique sur les douleurs fibromyalgiques.

Massothérapie

Bien que de nombreuses personnes atteintes de fibromyalgie aient recours à la massothérapie, très peu d’études ont été réalisées afin d’en évaluer les effets18,19. Selon une revue des essais cliniques aléatoires parue en 2003, un massage peut être très douloureux pour une personne fibromyalgique, mais pourrait réduire la douleur à moyen terme. Une synthèse d’études publiée en 2010 souligne la piètre qualité méthodologique des études et précise que les preuves scientifiques sur l’efficacité des messages sur les douleurs liées à la fibromyalgie restent insuffisantes. Les auteurs soulignent que les massages ne devraient pas être douloureux.

SAM-e (S-adénosylméthionine)

Principalement utilisée pour le traitement de la dépression et de l’arthrose, la SAM-e pourrait être bénéfique en cas de fibromyalgie. Au cours de 4 essais évaluant l’efficacité de la SAM-e administrée par injection intraveineuse plutôt que par voie orale, le produit a entraîné une réduction des symptômes supérieure à celle du placebo dans 3 des 4 essais. Cependant, la qualité de ces essais est critiquable et il n’existe pas de preuves convaincantes pour recommander ce supplément.

Tai-chi

En 2010, une étude menée auprès de 66 personnes atteintes de fibromyalgie a montré que le tai-chi permettrait une meilleure gestion des symptômes et augmenterait la qualité de vie10. L’essai aléatoire a été conduit sur 12 semaines.

Végétarisme

Une alimentation végétarienne pourrait aider à réduire la douleur musculaire ainsi que la raideur aux articulations, tel que l’indiquent les résultats de 3 études44-46. Jusqu’à présent, l’effet de cette diète a été testé sur un petit nombre de sujets. La plus longue étude a duré 7 mois. Mentionnons qu’une autre étude a conclu que le végétarisme n’avait pas d’effet notable sur cette maladie47. Les auteurs d’une synthèse publiée en 2010 suggèrent que les effets possiblement bénéfiques du végétarisme sont liés à l’apport accru d’antioxydants, mais aussi à un meilleur contrôle du poids21. De nombreux patients fibromyalgiques sont en effet en surpoids, ce qui aggrave les douleurs.

Pharmacopée chinoise

Le Xiao Yao Wan dit « Poudre de la libre promenade » est utilisé en Médecine traditionnelle chinoise pour soulager les douleurs fibromyalgiques. Consulter notre fiche sur ce produit dans la section Pharmacopée chinoise.

Recommandations alimentaires

Certains experts affirment que les symptômes de fibromyalgie pourraient être aggravés par une alimentation malsaine40. Voici les recommandations du Dr Andrew Weil, médecin et naturopathe réputé :

  • Éliminer de son alimentation les huiles végétales hydrogénées (comme le shortening et certaines margarines qui restent solides à la température de la pièce) et les aliments dont la teneur en acides gras trans est élevée (comme les fritures, les pâtisseries et les biscuits)
  • Augmenter son apport en acides gras oméga-3, un acide gras essentiel au bon fonctionnement de l’organisme, qui collabore aux réactions anti-inflammatoires. Les graines et l’huile de lin et les huiles de poisson (contenues dans les poissons gras sauvages comme le maquereau et le saumon) en sont des sources importantes.
  • Manger suffisamment de fruits et de légumes (5 à 10 portions, selon le Guide alimentaire canadien).
  • Incorporer dans ses mets plus de gingembre et de curcuma.

Il semble que la fibromyalgie s’accompagne d’un excès de radicaux libres, des déchets produits par l’organisme lorsqu’il brûle les nutriments pour en tirer de l’énergie. Un surplus de radicaux libres (ou un manque d’antioxydants, qui combattent ces derniers) pourrait donc jouer un rôle dans la physiopathologie de la maladie.

Voilà pourquoi il serait particulièrement important de consommer des aliments riches en antioxydants, comme les fruits et les légumes.

Enfin, un autre naturopathe réputé, J.E. Pizzorno, estime qu’il est important de s’assurer que l’alimentation n’engendre pas de fortes variations de la glycémie. Selon lui, des écarts marqués en dehors de la normale augmenteraient la sensibilité à la douleur. Pour des conseils quant aux façons de mieux contrôler sa glycémie, voir nos fiches Diète sur mesure: Diabète, Diète sur mesure: Hypoglycémie et Diète sur mesure: Intolérance au glucose. Voir aussi Index glycémique et charge glycémique.

Remarques

À propos des suppléments de magnésium. Un taux de magnésium inférieur à la normale semble fréquent chez les personnes atteintes de fibromyalgie39,40. Des études font état de nombreuses personnes ayant rapporté que la prise de suppléments de magnésium avait contribué à réduire leurs douleurs.

Le magnésium exerce plusieurs fonctions. Il pourrait notamment jouer un rôle dans le soulagement de la douleur par son action relaxante sur les muscles lisses, dilatante sur les vaisseaux et normalisatrice sur la conduction nerveuse.

Seuls 2 petits essais cliniques ont porté sur la prise de magnésium en supplément.

Le premier n’a montré aucune différence significative au bout de 1 mois entre le groupe placebo et le groupe recevant, 2 fois par jour, 3 comprimés de Super Malic® (200 mg d’acide malique et 50 mg de magnésium). Après prolongation de l’étude jusqu’à 6 mois, cette fois sans placebo et avec une dose plus élevée, une réduction notable de la douleur a été observée.

Le deuxième essai, mené auprès de 15 patients, a conduit à des résultats encourageants. La prise de suppléments de magnésium (de 300 mg à 600 mg) et de malate (de 1 200 mg à 2 400 mg) durant 8 semaines a permis de réduire la douleur de façon plus importante que le placebo. Aucun effet indésirable n’a été rapporté lors de ces études. De plus amples essais cliniques sont toutefois nécessaires pour s’assurer de l’efficacité du magnésium.

À propos des autres suppléments de vitamines et minéraux. Des professionnels de la santé recommandent parfois aux personnes souffrant de fibromyalgie une panoplie de suppléments (magnésium, sélénium, fer, zinc, calcium, vitamines du groupe B, vitamine C et divers antioxydants) pour combler une déficience, favoriser la relaxation musculaire ou améliorer l’humeur et le sommeil. D’après nos recherches, ces produits n’ont toutefois pas fait l’objet d’études cliniques chez des personnes fibromyalgiques.